Vers un urbanisme résilient ? Crues lentes et maintien sur place des populations : retours d’expériences et enseignements

publié le 19 septembre 2016 (modifié le 2 mai 2017)

Une étude du Cerema sur les conditions de maintien sur place de la population lors de crues lentes, à partir de l’expérience menée en Ile-de-France, afin de dégager des pistes d’aménagement du territoire.

Abordée à partir de retours d’expériences internationaux, la réflexion sur les conditions de maintien sur place de la population – au sens de non évacuation – en cas de crues à cinétique lente a été inspirée par le contexte francilien.

Une analyse du cas francilien

La région capitale présente de très forts enjeux (concentration de personnes, biens et services en zone inondable, enjeu de continuité de fonctionnement du territoire malgré la crue), mais cette problématique se trouve partagée par d’autres territoires inondables. L’objectif des acteurs du territoire est d’identifier des facteurs déterminants dans la décision de rester sur place et de s’interroger sur des pistes appropriées d’aménagement du territoire.

Si les bénéfices peuvent être escomptés tant au niveau individuel que sociétal, cette éventualité requiert l’investissement de chacun en tant qu’acteur du territoire et de sa propre sécurité, et nécessite d’être anticipée : travail sur l’acceptabilité de la situation, coordination des politiques de prévention et notamment dans l’aménagement du territoire, préparation et gestion de crise.

Origine de la réflexion

En 2009, la DDE du Val de Marne (94) a lancé une étude relative à la prise en compte de la vulnérabilité dans les projets d’aménagements dans le cadre de l’Opération d’Intérêt National de la vallée de la Seine.

Réalisée par le Cerema Méditerranée, cette étude a permis :

  • d’approcher la vulnérabilité du territoire aux inondations dans une démarche systémique,
  • de proposer des principes d’aménagement à l’appui d’une politique de réduction de la vulnérabilité des enjeux existants et futurs, quelle que soit l’échelle des projets d’aménagement, et les acteurs concernés.

Ces recommandations ont notamment mis en évidence l’intérêt croiser les objectifs de réduction de la vulnérabilité, de facilitation de la gestion de la crise, et d’amélioration du fonctionnement du territoire en mode dégradé, compte tenu du contexte d’inondation de ce territoire avec des temps de submersion relativement importants.

Lors de la présentation des résultats de l’étude conduite dans le Val de Marne en 2010, le comité de pilotage a notamment souligné :

  • l’intérêt d’approfondir l’analyse de la vulnérabilité des populations et des conditions de maintien sur place (non évacuation) en cas de crise : À titre d’exemple, quels critères (hauteur d’eau, durée, dysfonctionnement de certains réseaux…) peuvent être considérés comme déclencheurs d’un seuil d’inacceptabilité du maintien sur place des populations, et donc de leur évacuation ?
  • la question du retour à la normale sur ce territoire à forts enjeux, s’il était touché par une crue d’une durée conséquente : Lors de la crue de 1910, la montée des eaux a été lente et la décrue a duré 2 mois.

C’est dans ce contexte que s’est initiée la présente réflexion, sous le pilotage de la DGALN, afin de traiter ces questions qui ont rarement été abordées.


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